Les fuites urinaires

Les différentes formes d'incontinence
L’analyse des circonstances de l’apparition des fuites et de leurs facteurs déclenchants permet d’identifier trois principales formes d’incontinence.

L’incontinence urinaire d’effort

C’est une incontinence sans aucun autre trouble associé, le nombre de fois où vous urinez est normal, vous n’avez pas de difficulté de retenue.

Les fuites surviennent uniquement lors de l’effort et s’arrêtent avec lui. Elles sont indépendantes du remplissage de votre vessie. C’est le type d’incontinence le plus fréquent.

On peut distinguer trois degrés :

  • degré 1 : l’incontinence ne survient que lorsque vous faites des efforts importants tels que les éternuements, le sport pratiqué de façon intensive et répétée, le port de charges très lourdes, les vomissements ;
  • degré 2 : vos efforts sont moins importants : courir, tousser, éclater de rire… ;
  • degré 3 : vos efforts sont minimes : marcher, se relever brutalement d’un siège, se retourner dans votre lit, sortir de votre lit le matin pour aller uriner.

L’incontinence par impériosité

C’est une incontinence très riche en symptômes.

Vous avez, à des degrés divers, des envies fréquentes d’uriner (la normale étant de moins de 7 fois par jour et moins de 2 fois pendant la nuit), des envies pressantes déclenchées par des stimuli variés : bruit ou contact de l’eau, arrivée chez vous (le fameux syndrome de la clé ou de l’ascenseur qui déclenche une envie irrésistible d’uriner), les émotions. Tous ces stimuli sont sensoriels et n’ont rien à voir avec l’effort.

L’incontinence mixte

Elle mélange, comme son nom l’indique, les deux types de symptômes, effort et impériosité, à des degrés divers. Peuvent s’y ajouter fréquemment deux autres signes : la difficulté de retenue, en particulier le matin ou lorsque votre vessie est très pleine, et l’incontinence à la marche.

Votre médecin peut être amené à demander une exploration urodynamique. Cet examen indolore où il faut arriver la vessie pleine comporte :

  • une étude de la miction : il vous est demandé de vous asseoir sur une chaise spéciale, installée au-dessus d’une « balance », et d’uriner ; la machine analyse la quantité d’urine évacuée dans un temps donné : c’est la débitmétrie ;
  • votre vessie est ensuite remplie avec de l’eau ou du gaz ; des capteurs enregistrent les pressions dans la vessie et dans l’urètre. L’analyse de ces variations de pression permet l’étude de l’urétrocystomanométrie ;
  • enfin, on étudie spécifiquement la pression dans votre urètre, mesurant ainsi la qualité de votre verrou urétral : c’est la profilométrie.

Cet examen urodynamique n’est pas demandé pour toutes les femmes et est le plus souvent inutile avant une rééducation.