Mes maux de femme

Les condylomes génitaux

Les condylomes génitaux représentent une infection virale sexuellement transmissible des plus fréquentes en France. On estime en effet qu’une personne sur dix est porteuse du virus, et qu’une sur cent présente des symptômes cliniques. Hommes et femmes sont tous deux concernés par cette infection.

A l’origine de cette IST, une fraction de la grande famille des virus HPV (Human Papilloma Viruses). Plus de deux cents virus ont été répertoriés dans cette famille. Certains sont à l’origine de cancers, d’autres de verrues sur les mains ou les pieds, et d’autres de condylomes.

Le développement clinique de l’infection laisse lieu à l’apparition d’excroissances plus ou moins volumineuses dans les régions génitales (vagin, anus, périnée et col de l’utérus pour la femme ; pénis, scrotum et anus pour l’homme). Les condylomes peuvent être uniques ou multiples, dispersés ou regroupés. Dans les cas de condylomes regroupés les plus graves, ces excroissances peut avoir l’aspect d’un chou-fleur, ou d’une crête de coq (essentiellement chez l’homme).

Toute personne active sexuellement peut être exposée à ces virus et ainsi être contaminée. Le seul contact peau à peau lors des rapports sexuels peut s’avérer contaminant. Néanmoins, il apparaît qu’un contact de peau à muqueuse est hautement plus contagieux. La transmission du virus peut également se faire par les vêtements ou par des objets souillés en contact avec une muqueuse ou une peau lésée ; la transmission n’est donc pas exclusivement sexuelle !

Dans le cas d’une contamination qui va induire des symptômes cliniques de la maladie, il est essentiel de savoir que le délai entre contamination et symptomatologie est extrêmement variable : il va de quelques semaines à plusieurs années, selon le caractère infectieux du virus et l’état immunitaire du sujet contaminé. C’est pourquoi toute personne est potentiellement vectrice du virus et doit faire l’objet d’un dépistage systématique auprès d’un spécialiste de santé en cas de doute, suite à un rapport sexuel non-protégé ou avec une personne mal-connue. La durée très variable de l’incubation du virus dans l’organisme fait qu’il est très difficile de savoir dans quelles circonstances la contamination a pu survenir. La disparition du virus est très lente, pouvant aller de 6 mois à 2 ans. La complication des condylomes peut aller jusqu’au cancer du col de l’utérus, du vagin ou de la vulve chez la femme, et du pénis chez l’homme. L’apparition du cancer étant très lente, le traitement est généralement possible avant que le condylome n’atteigne le stade de cancer. C’est pourquoi des frottis de dépistage sont préconisés et plus particulièrement chez les femmes à risque (c’est-à-dire en cas de multiplicité des partenaires sexuels, rapports sexuels non-protégés ou utilisation d’objets potentiellement porteurs du virus).

Le traitement des condylomes passe par la destruction des excroissances dans les zones touchées. Plusieurs méthodes sont possibles :

  • traitement médicamenteux : par application locale ou par injection systémique
    d’anti-tumoraux, d’antiviraux ;
  • traitement au laser : les condylomes sont détruits par l’action du laser ;
  • traitement chirurgical : une opération chirurgicale permet l’ablation des verrues ;
  • cryothérapie : les condylomes sont détruits par le froid, à l’instar de banales verrues
    plantaires détruites à l’azote liquide.

Ainsi, afin d’optimiser au mieux ses chances de ne pas être contaminé et de ne pas contaminer quelqu’un, l’utilisation systématique d’un préservatif en cas de doute est recommandée. Un dépistage régulier est également à pratiquer, ainsi que celui du partenaire. Sachez enfin qu’une récidive est possible dans la mesure où plusieurs souches virales différentes sont à l’origine des condylomes. Il existe aujourd’hui un vaccin contre les virus HPV. Pour plus d’informations, consultez votre gynécologue ou votre médecin généraliste. Mieux vaut prévenir que guérir !

COD 09 028-INT-Décembre 2009